Décontamination et valorisation agronomique et énergétique des sargasses envahissant les Antilles (CharAlg)

Dates

2025 - 2029

Projet en cours

Type de financement

ADEME
ANR

Laboratoire(s) impliqué(s).

GEPEA
US2B

Description - en quoi consiste le projet ?

La prolifération des algues sargasses échouées sur les côtes des Caraïbes a des répercussions économiques, environnementales et sanitaires sur toutes les zones touchées. Ce problème nécessite la mise au point de méthodes de récolte, de traitement et de valorisation qui tiennent compte de la nature spécifique de la biomasse, en particulier de sa teneur en contaminants.

En effet, le rapport Eco3Sar [2] montre que la sargasse a une teneur en carbone favorable (environ 30 %), mais qu’il contient des niveaux élevés d’arsenic (As) et qu’il est potentiellement chargé en chlordécone près des côtes. De plus, les masses échouées de sargasse peuvent introduire ou faciliter la croissance de bactéries qui ne sont normalement pas abondantes dans ces régions côtières.

Cela signifie que l’exploitation directe de cette biomasse n’est pas une option pour l’alimentation et l’agriculture. Le projet CharAlg vise, dans un premier temps, à prétraiter les algues Sargasses afin de réduire leur concentration en contaminants, en particulier en se concentrant sur le devenir de l’arsenic, ce qui permettra de valider le concept de valorisation des Sargasses.

Le projet va porter en premier lieu sur le traitement physique des sargasses pour extraire l’arsenic des sargasses. L’arsenic extrait sera ensuite traité biologiquement via des microalgues.

Le principal défi consiste à réduire les concentrations de ces micropolluants à des niveaux conformes aux normes environnementales. Les sargasses prétraitées seront mélangées à d’autres déchets verts, puis subiront une transformation thermochimique par pyrolyse afin de produire du biochar dont les propriétés physiques et chimiques répondent aux normes d’amendement agricole. La capacité à utiliser le biochar comme support pour la formation de biofilms de microalgues sera évaluée dans la perspective de le valoriser comme amendement biofertilisant et biostimulant.
Dans le cadre de cette étude de preuve de concept, le biochar produit sera évalué sur des cultures de tomates, tant en conditions saines, en tant qu’amendement à visée biofertilisante, qu’en conditions pathologiques, pour ses effets de biocontrôle vis-à-vis de la plante parasite Phelipanche ramosa

L’objectif final de cette étude est la conception et le dimensionnement d’un procédé semi-industriel afin de traiter les quantités de sargasses annoncées dans le projet en produits directement utilisables, pour la production d’énergie et l’amélioration de la fertilité des sols cultivés dans une perspective de bioéconomie circulaire.
Les multiples possibilités de valorisation des sargasses et des déchets verts proposées dans le processus CharAlg garantissent le succès du projet et constituent une solution durable pour limiter les impacts économiques et environnementaux de ces algues.

Les équipes des laboratoires GEPEA et US2B sont mobilisées dans ce projet pour leurs compétences respectives dans la valorisation des microalgues et des interactions entre plantes hôtes et plantes parasites. Le projet va financer entre autre le travail d’un.e doctorant.e et 3 stagiaires.

Les personnels impliqués sur le projet

Walid Blel

Philippe Delavault

Chercheur du projet

Philippe SIMIER

Jeremy Pruvost

Catherine Dupré

Guillaume Roelens

Jordan Prieto

Christophe Veronesi

Lucie Poulin

Porteur(s) du projet

Nantes Université

Partenaires académiques
CNRS
Autres partenaires

HOLDEX ENVIRONNEMENT