ECO-MSP : Renforcer les systèmes de santé et la résilience en santé mentale face aux crises environnementales à travers un accompagnement des maisons de santé pluriprofessionnelles

Dates

2025 - 2027

Projet en cours

Type de financement

ANR
Collectivités locales

Laboratoire(s) impliqué(s).

LPPL
CENS

Description - en quoi consiste le projet ?

Les crises environnementales représentent une menace majeure pour la santé humaine, avec environ 20 % des décès en Europe attribués à des causes environnementales selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Dans la région Pays de la Loire, le changement climatique a aggravé des problématiques telles que les événements climatiques extrêmes, la hausse des températures et la dégradation environnementale à long terme. Ces phénomènes affectent de manière disproportionnée les populations vulnérables, notamment les agriculteurs, pêcheurs, forestiers, professionnels de l’environnement et jeunes. Ces perturbations intensifient les défis psychologiques tels que l’éco-anxiété, le stress chronique et des troubles mentaux comme le syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Pourtant, les Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP), qui jouent un rôle clé dans la santé communautaire, restent insuffisamment préparées pour faire face à ces nouveaux enjeux.

Le projet ECO-MSP, piloté par le Laboratoire de Psychologie des Pays de la Loire (LPPL), spécialisé en psychologie de l’environnement, bénéficie de l’expertise du Centre Nantais de Sociologie (CENS), spécialiste des systèmes de santé, ainsi que du soutien de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Pays de la Loire. Ces partenaires visent à répondre à ces problématiques à travers deux volets complémentaires.

  1. Le premier volet se concentre sur l’évaluation des besoins spécifiques en santé mentale des populations à risque grâce à une approche mixte. Des techniques qualitatives (groupes focus, entretiens) et des outils quantitatifs (enquêtes) permettront d’évaluer le stress, l’anxiété et la vulnérabilité aux éco-émotions. Une étude longitudinale explorera les impacts psychologiques des variations saisonnières et des événements climatiques extrêmes, afin de guider le développement de stratégies de santé mentale adaptées.
  2. Le second volet adopte une démarche de recherche-action pour adapter les systèmes de soins locaux aux risques environnementaux. En collaboration avec dix MSP et d’autres parties prenantes (collectivités territoriales, associations de patients), ce volet prévoit des campagnes de sensibilisation et des formations pour les professionnels de santé sur les impacts des crises environnementales. Les parties prenantes co-construiront des plans d’action intégrant des pratiques durables et des interventions sanitaires. Ces plans incluront des protocoles pour gérer l’éco-anxiété, soutenir les patients vulnérables et assurer la continuité des soins lors d’événements climatiques extrêmes. L’approche participative garantit l’inclusion de perspectives diverses et renforce la collaboration entre MSP, collectivités et organisations communautaires.

Ancré dans le cadre « One Health », qui met en avant les interconnexions entre la santé humaine, animale et environnementale, ECO-MSP utilise une méthodologie interdisciplinaire mobilisant des psychologues, sociologues et spécialistes de la transition écologique. Cela permet au projet de relever les défis en santé mentale tout en réduisant l’empreinte écologique des pratiques de soins. Les résultats attendus incluent une résilience renforcée des MSP, une amélioration des soins mentaux et physiques, et l’adoption de pratiques durables dans les systèmes de santé. En proposant un modèle reproductible et évolutif pour intégrer la santé environnementale dans les systèmes de soins locaux, ECO-MSP ambitionne d’accompagner les professionnels et les communautés dans la réponse aux crises environnementales tout en contribuant aux avancées scientifiques à l’intersection des sciences de la santé et de l’environnement.

Le projet ECO-MSP est lauréat de l’appel à projet Impacts du Changement Climatique sur les Écosystèmes Régionaux (ICCER) co-financé par l’Agence Nationale de la Recherche, la Région Pays de la Loire, la Région Normandie et la Région Sud, Provence, Alpes, Côte d’Azur.

Les personnels impliqués sur le projet

Anne Congard

Sylvie Morel

Hélène Jalin